Au fil de l'eau

Yogyakarta (à tes souhaits)

Jogja, comme on t’appelle ! Tu es notre porte d’entrée en Indonésie. Tu as aussi été notre premier contact avec les pluies diluviennes de fin de journée. Vieux motard que jamais, nous avons atterri à Yogyakarta le 14 mars, mais je t’y emmène aujourd’hui seulement (on fait ce qu’on peut ma bonne dame).

En arrivant, nous avons été confrontés à un choix des plus cornéliens. Pour le même prix (une dizaine d’euros), nous avions le choix entre une chambre spacieuse, climatisée, avec salle de bain privée mais sans piscine ni petit déjeuner OU une chambre minuscule (nos sacs à dos n’y pouvaient guère être ouverts), avec salle de bain commune, mais une piscine et un petit déjeuner inclus. En bref, l’intérieur ou l’extérieur. Pour notre première nuit, nous choisîmes la piscine. La chambre était en réalité la plus miteuse que nous ayions vue (mais sans puces de lit : ouf !) : j’ai personnellement passé la nuit à me faire bouffer par les moustiques. On ne vous parle même pas du ventilateur qu’on ne pouvait guère bouger de la table de chevet. BREF : on a adoré la piscine, mais on a si mal dormi !

Le choix pour les quatre nuits suivantes était vite fait : dormir, c’est important ! Tant pis pour la piscine et le petit dej’. Grand bien nous a pris, car tous les jours suivants, nous eûmes des épisodes de pluie faramineux et la piscine n’aurait guère été appréciée.

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Sympas les alentours de Jogja !
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Sympaaaaas les alentours de Yogyakarta !
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TROKOOOOL le lever de soleil !

Lors de nos déambulations dans la ville, nous découvrîmes avec ravissement que nombreux étaient les Indonésiens qui parlaient quelques mots de français. Parmi eux, tous connaissaient Toulouse et avaient des amis là-bas, ou une fille mariée à un Français… Ils étaient tous très serviables, nous donnaient plein de conseils sur des choses à faire, à voir… sans pour autant nous emmener vers une agence de tourisme ou nous pousser à la consommation. Il n’en fallait pas plus pour faire tomber dans une illusion de « keskisson gentils ces Indonésiens, et en plus, ils ne nous prennent pas pour un porte-monnaie sur pattes ! ». Que nenni mon ami, tu l’auras compris ! On nous conseillait toujours d’aller voir cette fameuse exposition d’art batik dans l’école d’art, qui, justement, n’était ouverte QUE le vendredi quand on est le vendredi, et QUE jusqu’à 13h, quand il est midi par exemple. Méfiants quand c’est la 5e fois qu’on nous en parle, et voyant écrit noir sur blanc « !!! SCAM, there is no student !!! » sur Maps.me, nous décidons de ne pas nous y rendre.

Le lendemain, nous croisons la route de Dewa, un Indonésien de Sumatra parlant couramment français, et nous commençons à discuter. Dewa est bon, il connaît Grenoble, le situe par rapport à Chambéry (d’où est originaire son professeur de français), et nous raconte qu’il est en visite à Yogyakarta avec ses élèves. Ceux-ci sont alors en visite dans la rue commerçante de la ville, et Dewa les attend avant de repartir à Sumatra. Après avoir discuté une quinzaine de minutes avec lui, il nous conseille de visiter l’atelier de batik qui est à 200mètres (toutes les personnes avec qui on a discuté connaissaient justement, comme de par hasard, un atelier de batik à 200mètres) : il y est justement allé ce matin avec ses élèves, mais vite vite, ça ferme à 14h30 (il était 13h) ! On capitule, après tout, pourquoi pas. On est conscients qu’il se passe un truc bizarre autour de ce batik, mais on se dit qu’on n’a rien à perdre et que jamais personne ne nous forcera à acheter quoi que ce soit…

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De belles feuilles pour symboliser notre naïveté.

Et là, patatras ! Le voile d’illusion se déchire brutalement et la trappe se referme sur nous (ouais, jamais trop dramatique, je sais). Nous entrons dans un magasin et non une école, où se trouvent à chaque fois des petits groupes de touristes suivis de près par un vendeur qui parle leur langue et les accompagne où qu’ils aillent (allemand, français, italien, anglais… rien ne les arrête !), il est écrit partout que le magasin est ouvert 24h/24h, tous les jours de la semaine… bref. Nous nous sentons eus, évidemment. Nous le savions, au fond de nous, mais tout de même. Le point d’orgue à l’arnaque ultime aura été quand, 3H plus tard, nous croiserons Dewa là où nous l’avions laissé. Sans élèves. Accostant de nouveaux touristes. Quelle histoire il aura inventée… ! Chapeau, le guide !

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est qu’on y aura rencontré Myriam et Alain, notre petit couple de retraités montpelliérains, qui font leur tour du monde à leur manière. Ils se sont également fait rabattre jusque dans cette boutique de batik (boutikdebatikboutikdebatik, c’est pas facile à dire). Nous sympathisons, et décidons de boire l’apéro ensemble le soir-même afin de continuer à papoter. D’apéro en dîner, nous nous donnons rendez-vous le lendemain pour leur faire découvrir un nouveau restaurant, puis encore le lendemain, et encore le jour suivant… Bref, nous aurons bien discuté, et sympathisé. Nous avions en effet beaucoup à apprendre de ces routards aguerris qui font leur propre tour du monde par tranches de 4 mois. Quatre mois en Asie, quatre mois en Amérique du Sud, puis des années plus tard, à nouveau 4 mois en Asie ! On trouve ce petit rythme plaisant et on se dit que pourquoi pas, dans nos jours de sagesse, s’en inspirer ?
En tout cas, c’est sans nul doute toute la beauté de ce voyage que de permettre des rencontres intergénérationnelles sincères. Je ne me serai pas imaginée, en France, dans mon quotidien, aller spontanément boire un verre avec nos amis retraités, si je les avais rencontrés par hasard dans un magasin. Par-delà les échanges de politesse, la spontanéité surgit plus facilement quand on est déplacé de notre contexte routinier. Et c’est tout à fait normal, après tout ici, nous avons le temps !

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Et voici nos amis globe trotters comme des coqs en pâte sur le scooter que nous leur avons prêté! Espérons que la fougue de la jeunesse leur passe et qu’ils fassent un jour du scooter en pantalons et chaussures fermées !

Bref, nous avons été ravis de rencontrer Myriam et Alain, et une chose est sûre : nous irons faire une petite visite à Montpellier au retour en France ! J’ai une tarte au citron à faire à Alain et un gâteau au chocolat à faire à Myriam, alors tu penses bien… ! En tout cas, merci à eux, de nous avoir rendu Jogja plus aimable qu’elle ne l’était au premier abord !

Pour terminer, voici quelques images des temples de Borobudur et de Prambanan, deux merveilles d’Indonésie. Borobudur est le plus connu, et jette son ombre sur Prambanan, qui, dans n’importe quel autre endroit au monde, serait pourtant qualifié de merveille. C’est dire ! Je te laisse te faire ta petite idée. Comme tu le verras néanmoins sur les photos, la météo n’était pas au beau fixe. On a survécu !

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Bienvenue à Prambanan
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Et un lever de soleil sur Borobudur, un.
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Borobudur, le temple du milieu de la jungle découvert au 19e siècle.
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Les détails, messieurs-dames, les détails !!
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Une photo d’art. Ni plus ni moins.

Pour quitter Jogja et nous rendre au fameux mont Bromo, volcan en activité, nous choisissons le train. Prenant la classe la plus économique, à la grande surprise de la dame au guichet (qui a demandé trois fois à Léo s’il était sûr, vraiment sûr, de vouloir cette classe-là), nous étions prêts et nous attendions au pire. Une chaleur étouffante, un train bondé, des sièges inconfortables… Qu’à cela ne tienne, nous voulions voyager comme les locaux. Quelle ne fut pas notre surprise, d’arriver dans un wagon parfaitement propre, climatisé, et d’avoir amplement assez de place ! Ce fut un excellent trajet en train. Myriam nous avait glissé une tablette de chocolat dans notre sac, et nous avions de notre côté acheté du bon pain et sorti le pâté que Manon nous avait offert à Singapour. Un pique-nique du dimanche comme tu en fais plein, quoi ! On a fait nos bons Français, et de temps en temps, ça fait du bien !

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Merci Manon, merci Myriam, merci la vie !

PS : Jogja, c’était aussi la découverte du gado-gado : une sorte de salade de pomme de terre, tomate, concombre, oeuf dur, tofu et tempeh (notre nouvelle PASSION). Dit comme ça, ce n’est pas très vendeur, j’en conviens, mais tout l’intérêt du gado-gado réside dans la sauce aux cacahuètes qui fait office de vinaigrette !

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Coucou la madame qui te prépare ton gado-gado minute !

PPS : entre-temps, nous avons également fêté les 28 ans de Léo ! Une soirée très sympathique avec Myriam et Alain, d’ailleurs ! Léo porte encore les bracelets qu’ils lui ont alors offerts.

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Dieu merci, depuis, j’ai réussi à l’envoyer chez le barbier.

J’espère que notre arrivée en Indonésie t’aura donné envie ! Mais je ne te cache pas que le meilleur reste à venir : reste connecté, comme on dit dans le milieu 😉

Bisous.

Clémence

1 réflexion au sujet de “Yogyakarta (à tes souhaits)”

  1. Merci, Clémence pour ce promenade à Jogja. Cette « visite » à la butikdubatik restera une anecdote qui fera sourire… Mais qu’y avez-vous trouvé finalement ? Par contre, ces rencontres fortuites et riches seront impérissables. Aussi, allez-vous refaire le tour de l’Asie à votre retour en France… Nous sommes tous les deux plongés avec curiosité dans les livres d’Harari. Merci Léo pour cette découverte. Nous attendons la photo pendant et après le barbier… Bonne suite balinaise.

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