Au fil de l'eau, S'étonner

Phnom Penh, les Khmers rouges et l’héritage macabre du Cambodge

Alors voilà : cela fait presque deux semaines que nous sommes au Cambodge, et nous avions besoin de temps avant de partager avec vous ici. Du temps pour digérer, du temps pour comprendre, et du temps aussi pour nous pardonner à nous-mêmes. Car il faut être honnête avec vous : au début, on a eu vraiment du mal avec le Cambodge. C’est bien simple, nous n’avons pas réussi à aimer, et nous nous en voulions. Après la Thaïlande, surnommée le pays du sourire et le Laos, où les « sabaideeee » et nous accompagnaient au fil de nos pérégrinations, le Cambodge nous a offert un grand mutisme. Ce n’est pas un pays facile. Il faut l’apprivoiser, il faut accepter de revenir sur ses idées reçues, et il faut se laisser le temps.

Le Cambodge est le pays où nous avons pour l’instant été confrontés à la plus grande misère. C’est un pays de contraste. Le pays aussi où les tuk tuks se sont faits les plus agressifs, mais aussi parfois les plus gentils. Où les visages fermés n’avaient d’égal contrepoint que les sourires rendus en retour des nôtres. Où les poubelles jonchent les rues, quand ce n’est pas les déchets, parce qu’il n’y a pas de poubelles. Où la nourriture nous a surpris si positivement ! Nous ne nous attendions pas à cette finesse, à ces saveurs, à toutes ces spécialités au goût si prononcé ! Le Cambodge n’a rien à envier à sa voisine thaïlandaise du point de vue culinaire. C’est le pays où les enfants gèrent les affaires familiales, où un seul membre de la famille parle anglais, et les autres s’effacent devant lui. Le pays d’une police corrompue et d’habitants que l’on a envie d’aider.

Alors voilà, il y a quelque chose dont il faut qu’on vous parle, et dont il est difficile de vous parler. Ça nous a plombés (mais alors, que doivent dire les Cambodgiens ?!), et c’est dur. C’est un grand voile qui est venu se poser sur notre insouciance de backpackers, et c’est aussi ce pour quoi on voyage. Cette chape de plomb, c’est l’héritage macabre du Cambodge, la trace laissée par les Khmers rouges. Pourquoi parler d’héritage et pas d’histoire ? Parce que l’héritage se poursuit aujourd’hui encore.

Les Khmers Rouges, le Kampuchea démocratique et le génocide fratricide de plus d’un quart de leur propre population par quelques communistes ayant fait leurs classes en France. Comment en parler ? Comment ne pas en parler ?

Je fais une pause devant mon clavier. Je ne vais pas ici faire un cours d’histoire, d’autres l’ont déjà bien et mieux fait que je ne le ferais. Vous trouverez d’ailleurs en fin d’article de multiples références pour en savoir un peu plus sur l’histoire du pays (cela ne prend pas longtemps et vraiment, je vous conseille d’y jeter un œil). Un simple témoignage de notre ignorance fera l’affaire. Nous avions déjà entendu parler des Khmers rouges, bien sûr. Et une connotation très négative y était déjà attachée, vous savez, celle qui dit « ouh, pas bien ça », sans avoir pour autant connaissance précise de ce qui s’est véritablement passé. Flou. Ce que nous savions du Cambodge était flou, et nous pouvions alors nous satisfaire de formules telles que : « grandeur et décadence, paradis et enfer, c’est le pays des temples d’Angkor mais aussi des Khmers rouges. ». Et sinon, précisément, ça donne quoi ? Ah bah… savais pas hein.

Pour commencer, on ne dit pas « Cambodgien » comme je l’ai écrit plus tôt, mais Khmer. Le terme « khmer » n’a en effet rien de péjoratif : ce n’est pas un raccourci pour « khmers rouges ». C’est un simple adjectif pour désigner les habitants et la culture du pays. Quelle ne fut pas notre surprise, en arrivant, de voir affichée sur toutes les enseignes de restaurants l’expression « Khmer foods » !

Ensuite, ce qu’il faut savoir, c’est que « Khmer rouge » est en français dans le texte ! Ce qui n’a en fait rien d’étonnant, puisque Pol Pot et ses copains ont fait leurs classes à Paris… Les Khmers rouges ont été au pouvoir durant 3 ans, 8 mois et 20 jours. Cela leur a suffi pour ramener le Cambodge à l’âge de pierre, éliminant tous les intellectuels du pays, puis tous les gens ayant reçu une éducation, puis tous ceux ayant de quelconques compétences dans n’importe quel domaine autre qu’agricole, puis tous les gens des villes… Pol Pot avait pour dessein de faire du pays une immense coopérative de paysans. Voilà pourquoi aujourd’hui encore le pays a un mal infini à rattraper la marche de l’histoire. Le PNUD (Programme de l’ONU pour le développement) définit la pauvreté multidimensionnelle comme celle qui combine les trois facteurs suivants : manque d’accès à la santé, absence d’éducation pour les plus jeunes et conditions de vie considérées comme indécentes. Selon les chiffres du rapport publié le 20 septembre 2018 par le PNUD, 40% de la population rurale cambodgienne vit dans ce contexte de pauvreté multidimensionnelle contre 7% pour la population urbaine. Le taux peut même atteindre les 64% dans les provinces du Nord.

Notre éducation à l’histoire récente du pays commença avec la visite de la prison S21, une des prisons et lieux de torture les plus secrets du régime. Désormais musée du génocide, avant d’être une prison, il s’agissait d’un lycée. Le contraste entre le lieu apparemment banal et les horreurs qui y eurent lieu rendent cette visite à peine soutenable. Tâches de sang incrustées dans le sol, lits de torture, photos prises par les soldats vietnamiens qui découvrirent la prison, et donc les 7 cadavres qui y restaient (oui, car les tortionnaires les ont achevés avant de prendre la suite : autrement, les détenus n’étaient pas censés décéder entre ces murs : pour cela, il y avait les champs de la mort. Nous y reviendrons plus tard), instruments de torture, audioguide présentant des témoignages des 3 seuls survivants et de l’entourage des victimes, photos des détenus, photos des cadres du régime, tout y est. L’immersion est totale.

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Les archives de la prison contenaient l’identité et la photo de chaque nouvel arrivant.
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Tout est fait pour empêcher les résidents de mettre volontairement un terme à leurs jours. Le Cambodge est tout simplement le pays où nous avons vu le plus de barbelés… partout.
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Les règles de S21.

Pour vous donner une idée de l’état d’esprit des Khmers rouges, quelques slogans qui font froid dans le dos :

« Angkar [nom donné au régime des Khmers rouges] est comme un ananas, avec les yeux qui regardent dans toutes les directions. »

Slogan adressé au « peuple nouveau » (c’est-à-dire tous ceux qui ne rentraient pas dans les cases prévues par le régime) « A vous garder, on n’a rien à gagner. A vous éliminer, on n’a rien à perdre. »

« Mieux vaut tuer un innocent par erreur qu’épargner un ennemi. »

« Couper une mauvaise herbe ne suffit pas. Il faut la déraciner »

Ce dernier slogan sert à justifier l’arrestation par filiation, et le fait que toute une famille soit décimée pour la moindre suspicion portant sur seulement un membre de la famille. Tout risque de vengeance était ainsi évité. Et puis la famille, ça n’était pas si important : Angkar mettait une attention particulière à briser les liens familiaux et à vouloir se substituer à ces derniers. De même que la propriété privée. Tout témoignage de la vie d’avant – et donc marquée par le capitaliste et l’infâme influence du monde occidental- se devait de disparaître. Les moines, si respectés dans ces contrées bouddhistes, étaient considérés comme des parasites (« des sansgues ») et devaient travailler bien plus que les autres pour garder la vie sauve.

Ensuite, comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nous nous sommes rendus au Mémorial de Choeung Ek , autrement appelés les Killing Fields (champs de la mort). Ce sont d’immenses charniers, plaies ouvertes dans le paysage, où se trouvent près de 20 000 victimes, arrivées directement de la prison S21. Je n’ai pas envie d’entrer dans les détails morbides de la façon dont ce massacre de masse s’est perpétré (indice : les balles étaient trop chères et bruyantes). Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire cet article qui retrace fidèlement la visite que nous avons faite. Ce que je peux simplement dire, c’est que visiter ces champs d’exécutions par un grand soleil, avec les oiseaux qui chantent, cela créait un décalage glaçant.

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Avec la pluie, la terre s’affaisse.

Enfin, pour rappeler la complexité de la situation internationale, il est bon de noter que les Etats-Unis, en guerre contre le Vietnam (et indirectement, l’URSS), ont financé pendant près de 10 ans la guérilla menée par les Khmers Rouges après leur chute… puisque c’est l’armée vietnamienne qui a mis un terme à la main-mise de Pol Pot et l’Angkar. Ainsi, le  est créé à Kuala Lumpur le Gouvernement de coalition du Kampuchéa démocratique (GCKD), reconnu par l’ONU. Or il ne s’agit alors de rien d’autre que du gouvernement des cadres Khmers rouges.

Bon, voilà. Pendant quelques jours, on n’a plus trop eu envie de rire. Nous nous disions à chaque fois que nous voyions un ou une Khmer de plus de 40 ans, qu’il ou elle avait survécu. Nous essayions d’imaginer quelle avait été son ou sa vie. Nous ruminions.

Vous savez, parfois on dit qu’on en prend plein les yeux. Eh bien nous, on en a pris plein le cœur. Et plein le ventre. Plein le ventre, parce qu’une irrépressible nausée s’est emparée de nous, un noeud dans le ventre, une lourdeur qui n’est pas encore toute à fait partie. Et plein le cœur, parce qu’il s’est brisé le temps d’une journée. Une journée seulement, alors que le régime des Khmers rouges a duré exactement 3 ans, 8 mois et 20 jours. Cœur retourné, nous sommes désormais informés, responsables. En charge. De mieux vous faire connaître cette page si sombre, que le Cambodge a toutes les peines du monde à refermer vraiment.

Parce qu’avec cet article, je partage un peu de ma responsabilité de mémoire, voici quelques pistes si vous voulez en savoir plus :

Je vous conseille la lecture de cet article du CAIRN écrit par Phay-Vakalis Soko, « Le génocide cambodgien. Déni et justice », Études, 2008/3 (Tome 408), p. 297-307. Résumé : Les principaux dirigeants du génocide cambodgien ont été arrêtés en novembre 2008. Il aura fallu attendre vingt-neuf ans après la fin du pouvoir des Khmers rouges pour établir leurs crimes. Le travail de mémoire ne va pas sans prise de position face à l’histoire et à la justice qui, l’une et l’autre, se doivent de nommer les préjudices subis et de mettre un terme au déni.

Je vous conseille également la lecture édifiante de You can call me Vodka, témoignage d’un homme d’une trentaine d’année né dans les camps de l’ONU installés à la frontière thaïlandaise, dont l’histoire recoupe la guerre civile qui s’est poursuivie bien après 1978, la terreur qu’on continué d’instiguer les Khmers Rouges qui refusaient de se rendre, la lutte contre une pauvreté extrême et ce qu’il a fallu d’ingéniosité et de courage pour s’en sortir. Au fur et à mesure que la vie de Vodka défile, les dates avancent, et l’on se retrouve en 2011, à lire des situations que l’on n’aurait jamais imaginées. La détresse, au Cambodge, est bel et bien là, le pays ne s’est pas encore remis et panse toujours ses profondes blessures. Ce livre est né de la rencontre de Vodka, avec une professeure d’anglais canadienne. Il est donc destiné à un public jeune, et écrit dans un anglais simple. Il s’agit d’une édition scolaire : tout le monde peut le lire ! Il lui raconte son histoire, et elle l’écrit puis fait publier ce court témoignage.

Cet ouvrage est essentiel pour comprendre la complexité des enjeux géopolitiques durant la guerre froide, et pourquoi l’ONU en est arrivée à reconnaître le régime de Pol Pot comme le régime légitime après la chute des Khmers Rouges par exemple. Pour comprendre pourquoi non, en 1978, le cauchemar n’était pas terminé au Cambodge.

Vous pouvez aussi visionner l’un de ces deux films :

  • La Déchirure, réalisé par R.Joffé, que je n’ai pas vu, mais qui semble être une référence sur l’histoire du Cambodge. Il s’agit d’une histoire vraie, celle du journaliste américain Sydney Schanberg et de son assistant Dith Pran. Quand diplomates et journalistes quittent le pays à l’approche des Khmers rouges, conduits par le tyran Pol Pot sur Phnom Penh en 1975, Schanberg et son assistant et ami Dith Pran choisissent de rester…
  • D’abord, ils ont tué mon père, réalisé par A.Jolie. Encore une histoire vraie, évidemment : l’arrivée des Khmers Rouges à Phnom Penh et la dystopie agricole et d’épuration sont cette fois-ci vus à travers les yeux de Loung Ung, cinq ans. Loung, fille d’un employé du gouvernement (et donc cible privilégiée des Khmers rouges), a écrit son histoire, adaptée ici à l’écran. L’exode, la violence, la séparation des membres de la famille, l’assassinat de son père, la famine, le travail forcé, l’obligation de devenir enfant soldat, de cacher ses émotions pour survivre, l’atmosphère de délation… Tout y est rendu plus palpable par l’image.

C’est tout pour aujourd’hui ! Je suis désolée si l’article du jour n’est pas facile à lire. Il n’a pas non plus été facile à écrire.

Le Cambodge nous réserve désormais de belles surprises, que nous vous conterons avec plaisir dans les prochains articles !

Merci d’avoir lu jusqu’ici et merci de grandir avec nous.

Allez, câlin collectif.

A très vite,

Clémence

11 réflexions au sujet de “Phnom Penh, les Khmers rouges et l’héritage macabre du Cambodge”

  1. – Il y a Sam Waterston jeune dans La Déchirure
    – le film de Jolie est dispo sur netflix France en ce moment

    Sinon est ce que les barbelés sont forcément là pour éviter les suicides ? Dans le camp oui je comprends, mais s’il y en a partout c’est peut être pour une autre fonction ? Quand je suis arrivée à Guangzhou ça m’avait beaucoup surprise, toutes les fenêtres et tous les balcons étaient grillagés comme des prisons mais en fait c’est pour éviter les cambriolages.

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    1. Yes, merci pour les informations complémentaires ! J’ai d’ailleurs regardé le second film sur Netflix !
      Dans la prison, c’est certain, et pour le reste… c’est assurément pour faire respecter la propriété privée, mais ça fait un choc en arrivant de Thaïlande et du Cambodge où tout est ouvert 🙂

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  2. J’avais 20 ans lorsque la tragédie vécue par les cambodgiens se déroulait. Notre conscience politique de l’époque ( et de toujours sans doute…) nous a poussés à être attentifs à cette histoire là, faites de douleurs et de souffrances indescriptibles infligées par les khmers rouges à leurs frères cambodgiens. Avec les premiers récits , effroyables, le travail d’informations et de mémoire a pu commencer. J’avais vu en 1984 la fiction inspirée de faits réels dont tu parles Clémence : «  la déchirure », plus sobrement intitulé en anglais « the Killing Fields » . Mais ce sont les films de Rithy Panh qui m’ont le plus touchée. Unique membre de sa famille rescapé des camps, il a réalisé des documentaires « S21, la machine de mort des khmers rouges », « Duch, le maître des forges de l’enfer ». Glaçant de non – humanité. J’essaye de mesurer ce que vous avez ressenti en parcourant ces lieux, malaise immense devant l’inacceptable. Si vous le pouvez, regardez «l’image manquante » du même Rithy Panh, c’est un mix d’images d’archives, peu nombreuses, et de petites figurines de terre cuite : émouvante reconstitution de scènes de vie, de mort, cette technique de représentation naïve vous plaira. Et puis, dernière petite suggestion, essayez de voir « Funan », dessin animé qui conte l’histoire d’un petit cambodgien de 4 ans perdu par ses parents dans un camp (vu en juin 2018 dans un festival, et qui va être au cinéma tout bientôt). Un bien joli film de Dénis Do. Avoir conscience que tout peut recommencer … Vous avez mesuré, même vécu en votre cœur, combien l’humanité a une part d’ombre ; cela vous permet de rester en éveil , et d’aimer encore plus les sourires ! Vivez ce pays désormais en paix. Pensez à moi en snorkling 🐠🐟… Tendresse, mam’stchoise

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    1. Merci Tchoise pour ton commentaire, et ces suggestions ! Nous tenterons de visionner le travail de Rithy Panh pour compléter même si, après cette longue immersion dans l’histoire du Cambodge, nous avons préféré rencontrer les gens et leur parler. Nous en avons aussi appris beaucoup sur leur mode de vie et parfois, de survie…
      Finalement, on a beaucoup aimé le Cambodge, malgré les réticences du début.
      Pas de snorkeling avant un moment, mais on pense à toi à plein d’autres moments.
      Bisoussss !
      Clémence

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  3. Merci pour cette description et ce détour par l’historie de ce pays qui a été, depuis des temps immémoriaux, l’objet de conflits avec le Siam et le Vietnam. Je pensais que les américains soutenaient le régime de Lon Nol, dont le parti, pro-américain, était majoritaire dans les villes. C’était un régime corrompu qui détournait les aides internationales à son profit. Dans les campagnes abandonnées, étaient présents les Kmers Rouges (communistes) ainsi que les vietnamiens di Nord chassés par la guerre du Vietnam vers le Cambodge. Pol Pot n’a jamais été inquiété par la justice internationale… Je ne sais si la justice cambodgienne a, par la suite, poursuivi des acteurs de ce cataclysme humain, comme au Rwanda par exemple. Avez-vous rencontré des personnes avec qui vous avez pu évoquer ce génocide ?
    Comment ne pas être retourné par ces visions d’horreur… dont rien ne laisse penser qu’elles ne se reproduiront pas…
    Cependant, profitez bien de ce pays d’une grande richesse monumentale, artistique.
    Bises. Papa, Dom

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    1. Oui, les Américains soutenaient le régime de Lon Nol… jusqu’à ce que du jour au lendemain, ils l’abandonnent. Et cela ne les a pas empêchés de bombarder tout de même allègrement ce pays neutre.
      Eh oui, le problème du jugement et de la justice sont évidemment cruciaux dans le traitement de ce génocide, et pour pouvoir passer à autre chose… Pol Pot est décédé trop « tôt » pourque justice soit faite.
      Le tribunal spécial pour juger des crimes commis par les Khmers rouges (Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens ou CETC) n’a été créé qu’en 2003 au terme d’un bras de fer entre le gouvernement cambodgien et les Nations unies. Mais, composé à la fois de juges internationaux et de magistrats cambodgiens, il fait l’objet de nombreuses critiques du fait de son organisation. Son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique cambodgien ne serait pas garantie. Le Premier ministre Hun Sen (qui était lui-même un cadre subalterne des Khmers rouges et dit avoir fui vers le Vietnam en 1977 pour échapper aux purges du régime) craint en effet que les poursuites envisagées par le tribunal contre des cadres intermédiaires des Khmers rouges entraînent une “guerre civile”.
      C’est désespérant !

      Quant aux personnes rencontrées, il est très délicat d’évoquer ces heures sombres avec eux. Nous découvrons donc pudiquement que leurs parents « sont au royaume du paradis » ou que la vie est difficile… Cependant, toutes les personnes mutilées que l’on croise dans les rues à cause des mines nous rappellent en permanence l’Histoire.

      Léo parlera bientôt mieux que moi de tout ce que le pays a pu nous apporter au-delà de cette prise de conscience ! 🙂
      On vous embrasse
      Clémence

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  4. Ton article est très intéressant et très prenant. On ira avec les clés pour mieux comprendre cette page de l’Histoire qu’on n’apprend pas à l’école… Merci. Bises à vous deux !

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