Au fil de l'eau

Au fil du Mékong : de Houayxai à Luang Prabang

Sabaidee les amis. Et surtout, bonne année 2019 à tous !

Nous voici au Laos, petit pays dont la forme n’est pas sans rappeler la botte italienne, malgré l’absence d’accès à la mer. Nous sommes arrivés sur ces contrées en franchissant le pont de l’amitié, enjambant le Mékong, le mardi 18 décembre. Laissez-moi vous conter brièvement notre passage de la frontière. Clém vous a déjà parlé du conducteur de bus de Chiang Rai qui a essayé de nous extorquer quelques sous tout en tombant en panne d’essence. La fin de ce voyage consiste à être déposé sur le bord de la route, à 5 km de la frontière, et d’être obligé de prendre un tuktuk pour s’y rendre. Clémence n’étant pas dupe, je suis ses conseils et on commence à marcher vers la frontière. La route se transforme en autoroute, la voiture de sécurité de l’autoroute fait demi-tour au loin et on commence à se dire que c’est pour nous… Et paf, un tuktuk arrive et sauve notre démarche. 500 mètres de marche auront suffi et on paye deux fois moins cher finalement. Bonne idée ma chérie !

Après avoir passé la frontière côté Thaïlande, il faut prendre une navette qui nous fait traverser le Mékong sur le fameux pont de l’amitié. On achète nos billets. 25 baths au lieu de 20. Parce qu’il est 12h56, et que c’est la pause, donc plus cher. Normal. On demande alors d’attendre 4 minutes pour payer le tarif normal, mais la vendeuse nous soutient qu’on ne peut pas, zone frontalière temps limité, « overtime immigration », tout ça tout ça. Tout ça pour qu’on prenne la navette 20 minutes plus tard… Normal. 3 minutes plus tard nous voilà à la frontière côté Laos. On remplit les papiers pour le visa. Je paye aisément 30$, Clém aussi. Enfin presque. Le douanier l’appelle. Il n’aime pas ses dollars. Pas assez propres. Normal. L’avantage de Clémence, c’est qu’elle est méga organisée, alors on a nos photos d’identité prêtes pour le visa. Mais si on n’a pas de photos, on paye 5$ de plus, et on a quand même le visa. Normal. A quoi servent les photos alors ? Bonne question… Visa sur le passeport, on s’approche de la douane. Clémence est contrôlée, moi non. Normal. Bref nous voilà au Laos !

Nous dormîmes à Houayxai, ville frontalière bien installée sur le fleuve, et dont la principale activité est le « Gibbon’s Experience ». Cette dernière consiste à emmener les touristes comme nous découvrir la jungle et voir les singes Gibbons dans leur milieu naturel. Pour ce faire, le programme consiste donc à marcher quelques heures, mais surtout à faire de la tyrolienne à travers la jungle ! À l’origine, ce projet a été monté et financé par l’Unesco. En effet, une partie des guides sont d’anciens braconniers, qui se sont vus offrir une deuxième chance. Ils luttent donc maintenant pour la préservation de la faune et de la flore du parc national à proximité de Houayxai. Nous avons longtemps débattu avec Clémence pour réaliser ou non cette activité. Le prix est très élevé (190€ chacun pour la formule express de deux jours et une nuit). Mais bon, on était sur place, c’est qu’une fois dans sa vie, alors on s’est lancés. Et bien nous n’avons pas regretté un seul instant.

Nous voilà donc partis avec nos petits sacs-à-dos, accompagnés de Matti, allemand, et d’une sympathique famille française de quatre. Après une heure de route, nous sommes débarqués sur le bord de la route, dans une petite cahute où nous attendent nos guides. Nous aurons effectivement quatre guides pour sept. Pratique. Nous enfilons alors les baudriers, avec nos jolies poulies et mousquetons. Ça a des airs d’Aventure Parc à Serreche. Mais en mieux. Somdi, l’un de nos guides, nous explique que nous ferons un trajet spécial. Au lieu de réaliser une boucle non fermée, nous allons revenir sur nos pas pour la seconde journée. Et pourquoi ? demandons-nous légèrement mécontents (rappelez-vous du prix!). Et bien parce que l’armée Lao s’entraîne au tir à canon sur l’autre flanc de la montagne. Bon, la raison est plutôt pas mal valable. Nous entendrons même les tirs durant la marche d’approche. Allez c’est parti.

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Première tyrolienne au-dessus de la rivière, 2 heures de marche tranquilles afin de monter au sommet des collines. Nous voilà à environ 1000 mètres d’altitude, au milieu de la jungle. C’est beau. Mais ce n’est rien comparé à ce qui nous attend. Niveau météo (spéciale dédicace aux collègues de la Défense), il est à noter que depuis que nous avons franchi la frontière, il fait couvert le matin et d’un coup, aux alentours de 12-13h, le ciel bleu arrive. Sans plus qu’aucun nuage ne vienne troubler le soleil. C’est donc sous la grisaille que nous attaquons la première tyrolienne. Puis la seconde, la plus longue de notre périple avec ses 570 mètres. Not too bad. Nous enchaînons ainsi pendant deux heures et demie, dix tyroliennes. Jusqu’à la dernière qui nous amènera dans notre logis du soir : une cabane en bois situé dans un bel arbre, à 35 mètres de haut.

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La vue sur la canopée est splendide. C’est étonnant de voir la cime des arbres. Repos bien mérité, goûter. Le coucher de soleil est sublime.

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Bref, tout est beau donc la vie est belle. Les cuisines sont situées hors de la cabane, et notre dîner est donc apporté en tyrolienne par des petites cuisinières en pleine forme.

Nous nous couchâmes tôt, après avoir joué aux cartes avec nos guides, et bu de la « happy water » (l’alcool de riz Lao). Durant la nuit, les rats se baladent sur le toit, les cochons sauvages détruisent les bambous, et la pluie arrive. Le réveil était prévu à 6h30 pour aller zipliner (faire de la tyrolienne, francisé par oim). La pluie nous fait nous recoucher.

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Nos guides (qui dorment à quatre sur un lit double pour se tenir chaud) en sont tout heureux !

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Une fois la pluie arrêtée, nous faisons tranquillement le trajet retour.

Le lendemain, nous devons prendre le bateau pour descendre le Mékong. Nous allons donc trouver notre auberge de jeunesse « Daauw Home ». Situé sur les hauteurs de Houayxai, je participe à des matchs de sepaktakraw (atchoum), un genre de tennis-ballon acrobatique où je me révèle être une quiche.

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Mais c’est super sympa. L’auberge réunit de nombreux habitants venant des villages de montagne, où il n’y a pas de travail. Ils sont 42 à vivre ici, nous partageons notre repas avec toute la « famille ».

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A notre modeste échelle, nous les avons un peu aidés.

Lendemain matin, nous prenons le bateau pour Luang Prabang. Au programme, rien : lecture, dessins, photos. Mais pour pimenter tout ça, lors de la descente pour aller prendre le bateau, Clém se fait une ptite entorse au calme. Heureusement, le programme des prochains jours se révèle être en adéquation avec une blessure. Le premier jour de bateau passe dans la douceur et la fraîcheur.

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Lorsque la nuit arrive, nous nous arrêtons à Pakbeng. Ville fantôme le jour, elle accueille la nuit l’ensemble des voyageurs des bateaux faisant le trajet entre Houeyxai et Luang Prabang. Deuxième jour de bateau sans encombre, mais pas sans rencontres.

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Enfin presque. Alors que nous avons encore une dizaine de kilomètres à parcourir, le bateau s’arrête et nous débarque. Nous voilà obligé et contraints de prendre un tuktuk, surtout que Clémence ne peut pas vraiment marcher. (le problème, c’est qu’on n’aime pas trop les procédés mafieux des tuktuks) (mais parfois y’a pas le choix. Ils savent y faire…).

Nous posons enfin nos sacs pour les cinq prochains jours dans une auberge flambant neuve (Smile Guesthouse). Un jour après notre arrivée, je laisse Clémence reposer sa cheville, et vais me balader dans la ville. Au milieu, le mont Phusi surplombe la ville et les rives du Mékong. J’assiste donc à un superbe coucher de soleil, seulement entouré d’une centaine de touristes (dont je ne fais bien évidemment pas partie) !

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Il n’empêche, c’est beau. Nous nous retrouvons avec Clém pour manger dans le marché de nuit. C’est bon. Très bon. Lendemain, 24 décembre, nous allons réveillonner dans un restau fort bon. Craquage. Foie gras à la clé. Pour le 25 décembre, nous nous rendons aux cascades de Kuang Si, au sud de Luang Prabang. Nous y vîmes des ours, des arbres, et des cascades.

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C’était magnifique. Après la brume matinale, l’explosion de ciel bleu nous a accompagnée et nous a même amenés à nous baigner. Plutôt sympa le jour de Noël. Nos deux derniers jours vont se passer à Ock Pop Tok. Ce centre de l’artisanat présente la chaîne de la soie. Les vers, les fils, la teinture, le travail des tisserandes, le produit fini.

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Les femmes travaillent dans les rires. Le thé est bon. Nous restons jusqu’au coucher de soleil.

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C’est ainsi que se termine notre premier périple d’une dizaine de jours le long du Mékong. On avoue, on a bien aimé les vacances de Noël à la sauce Lao.

Clém : On vous souhaite que cette année 2019 vous offre de belles opportunités, découvertes, rires et joies partagés. On espère, par nos articles, contribuer à vous la rendre encore plus surprenante et jolie.

Léo : Profitez !

Bises à tous.

Léo.

2 réflexions au sujet de “Au fil du Mékong : de Houayxai à Luang Prabang”

  1. Vous êtes immergées dans une nature d’une incroyable beauté. On a du mal à penser que ces paysages, immémoriaux, sont fragiles et menacés. ici, le Mékong, souvent dragon en furie semble bien calme. Je me demandai si le bateau que vous aviez pris était un moyen de transport traditionnel pour les Lao. Je crois qu’il y a des chutes sur ce long fleuve. Aurez-vous l’occasion de les visiter ? Encore de belles rencontres avec les Laos. Bien sûr, ces désagréments liés à l’argent… cela semble dans l’ordre des choses… Bonne suite de voyage
    Papa, Dom

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